LES RELATIONS CUBA – ÉTATS-UNIS : L’OFFENSIVE TRUMP.

LES RELATIONS CUBA – ÉTATS-UNIS : L’OFFENSIVE TRUMP.

Freddy Tack – Mars 2018

Les événements au Venezuela sont la meilleure expression de la réintroduction de la doctrine Monroe et de l’offensive de Trump contre toute affirmation d’indépendance, de souveraineté, de politique progressiste, voir de socialisme.

Le 18 février 2019, lors d’un discours de 30 minutes, Trump a craché sa bile sans frein, avec un message clair et concret : la « Troïka du mal » (leVenezuela, le Nicaragua et Cuba) doit être rayé de la carte du monde. Un discours hystérique, avec des affirmations offensives et grossières contre tout ce qui ressemble de près ou de loin au progressisme en Amérique Latine. En 30 minutes il a cité 29 fois le socialisme et 6 fois le communisme, comme les ennemis les plus importants des États-Unis. Il a répété les postions extrémistes de Rubio et Bolton, et n’a pas exclu une intervention militaire.

Après le Venezuela, le Nicaragua et Cuba sont les cibles prioritaires : « La fin du socialisme est arrivée dans notre continent et partout dans le monde. Pas seulement au Venezuela, mais aussi au Nicaragua et à Cuba ». Les mouvements de la flotte US et l’encerclement militaire du Venezuela confirment incontestablement les intentions agressives. Nous sommes loin des tweets impulsifs et imprévisibles, mais face à des menaces réelles et évidentes. Des paroles jusqu’à aujourd’hui, à quand les actes?

Les agressions contre Cuba.

Le 10 décembre 2018 les États-Unis ont totalement supprimé les bureaux de l’ USCIS (Service pour la citoyenneté et l’immigration) à La Havane,, pour les transférer à Mexico. Déjà depuis l’automne 2017 la majorité des services pour l’obtention de visas avaient été supprimés, suite aux restrictions de personnel, après la campagne calomnieuse des soi-disant « attaques acoustiques ».

Dans son intervention au parlement (22/12/2018) le président Miguel Díaz-Canel a souligné que le gouvernement nord-américain cherchait clairement une confrontation avec Cuba, avec le renforcement du blocus économique, commercial et financier comme fer de lance.

En janvier (11/01/2019) Robert Menéndez (démocrate) et Marco Rubio (républicain) ont proposé de réintroduire le programme « Parole » pour les travailleurs de la santé cubains à l’étranger. Ce programme, destiné a tenter de convaincre les médecins cubains de passer aux USA, avait été appliqué de 2006 à 2017, puis suspendu par Obama. Bolsonaro, au Brésil, à déjà appliqué des méthodes similaires (voir notre dernier numéro de Cuba Sí).

Le Titre III de la Loi Helms-Burton.

Le 16 janvier le Département d’État des États-Unis a annoncé de ne suspendre l’application du Titre III de la Loi Helms-Burton que pour 45 jours, afin d’étudier le titre à fond. Ce titre, suite à un rejet international, était suspendu de semestre en semestre. Depuis 1996 tous les présidents nord-américains, y compris Trump en 2017 et 2018, ont suspendu l’application. Le revirement est expliqué par une révision « dans le cadre des intérêts nationaux des États-Unis, des efforts pour accélérer le passage à la démocratie à Cuba, vu la répression brutale des droits de l’homme et des libertés fondamentales par le régime, et le soutien impardonnable aux régimes de plus en plus autoritaires et corrompus du Venezuela et du Nicaragua ».

La Loi Helms-Burton comporte quatre titres, en contradiction avec le droit international, avec les règles du commerce international et des relations économiques internationales, et une infraction contre la souveraineté d’autres états (à cause de l’application contre des entreprises et des personnes). La communauté internationale c’est prononcée quasi unanimement contre cette loi, et plusieurs pays disposent de législations nationales pour se protéger contre les aspects extra-territoriaux de la Loi Helms-Burton. Le Titre III permets aux citoyens nord-américains d’entamer des procédures devant des juridictions nord-américaines, contre chaque étranger qui fait du commerce avec des biens US ou des propriétés nationalisées à Cuba dans les années ’60. A l’époque, celles-ci avaient été entreprises par le gouvernement cubain dans le respect intégral du droit national et international.

Les autorités cubaines ont condamné fermement les intentions de renforcer le blocus.

Et ensuite.

Quelques jours après cette décision (19/01) Radio Martí, l’émetteur de propagande nord-américain, a appelé de voter non au référendum sur la nouvelle constitution à Cuba. Une intervention flagrante dans les affaires internes de Cuba, renforcé sur les pages Facebook fictives dans le pays.

Fin janvier les États-Unis annoncent envisager de reprendre Cuba sur la liste des pays qui soutiennent le terrorisme. Cuba avait été mis sur cette liste de 1982 à 2015, quand Obama avait décidé de le retirer de la liste.

En février (07/02) Bolsonaro annonce arrêter officiellement le programme « Más medicos », et abandonne à leur sort les médecins cubains qui ont décidé de rester au Brésil (entre autre suite à des mariages locaux), sans possibilités de travailler. 836 médecins sur 7.635 avaient opté de rester au Brésil. Le 12 février le MINSAP (Ministère de la santé publique) de Cuba a communiqué que les médecins ayant opté de rester au Brésil pouvaient rentrer à Cuba s’ils le désiraient, avec la garantie de recevoir une offre d’emploi dans le système de santé cubain.

Toujours en février, les déclarations et les agressions directes contre le Venezuela et la « Troïka du mal » (Venezuela, Nicaragua et Cuba) se multiplient, entre autres par Marco Rubio, John Bolton, Mike Pompeo, Elliot Abrams, Mike Pence, Donald Trump, et leurs laquais Bolsonaro, président du Brésil, et Luis Almargo, la marionnette US à la tête de l’ Organisation des États Américains. Ainsi Mike Pompeo, secrétaire d’état nord-américain, a encore attaqué Cuba en déclarant que le référendum sur la constitution avait été organisé pour détourner l’attention de son échec au Venezuela.  Bruno Rodríguez, ministre cubain des affaires étrangères, a déclaré à ce sujet :  » Le secrétaire d’état des États-Unis oublie que son pays n’a jamais tenu un référendum, mais intervient dans tous les pays du monde.  Également dans les élections chez les autres ».

La timide « normalisation » des relations entre Cuba et les États-Unis, entamée par Barack Obama, est clairement en régression. Mais malgré le ton agressif, sans se faire la moindre illusion, Cuba continue à plaider pour un dialogue dans le respect mutuel et sans intervention dans les affaires internes des parties. �SE����

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