LA TORNADE DU 27 JANVIER 2019 DÉTRUIT PLUSIEURS QUARTIERS DE LA HAVANE

LA TORNADE DU 27 JANVIER 2019 DÉTRUIT PLUSIEURS QUARTIERS DE LA HAVANE

Regi Rotty – Mars 2019

Ce qui avait été annoncé comme une tempête tropicale c’est révélé une tornade, qui a détruit plusieurs quartiers de La Havane. Imprévisible pour deux raisons. En premier lieu il y a 80 ans qu’une tornade avait frappé La Havane, et deuxièmement la tempête ne c’est transformée en tornade qu’arrivée sur terre, au=dessus de La Havane. La formation de la tornade était vraiment imprévisible.

Une telle tornade de force F4=F5 signifie un vent destructeur sur quelques centaines de mètres de largeur, qui avance à 40 km par heure, avec des tourbillons internes qui peuvent dépasser les 300 km par heure. Ce qui explique les camions renversés, les voitures lancées contre les murs, les toits en béton arrachés des maisons, les morts et les blessés.

La tornade c’est formée sur terre, dans la zone du Cerro à La Havane. La piste des destructions traverse essentiellement les quartiers de Diez de Octubre, San Miguel del Padron, Regla et Guanabacoa. Près de 8.000 maisons ont été endommagées, dont 730 totalement démolies et près de 1.000 partiellement. 80 bâtiments publics ont été frappés, dont des écoles. Il y a beaucoup de blessés, plus de 190, dont 11 grièvement, et 7 morts. le bilan est lourd. Mais la solidarité et l’aide immédiate étaient là.  Le jour après le passage de la tornade pas loin de 5.000 personnes ont été évacuées de leurs maisons. 4.780 ont pu loger chez de la famille et 164 ont été hébergés dans des centres d’accueil.

La coupure de l’électricité dans une partie de la capitale était déjà solutionnée le lundi matin. Dans certains quartiers ce fut le cas le mercredi, et là où les destructions étaient les plus fortes il a fallu 5 jours. La distribution d’eau est tributaire de pompes électriques en plusieurs endroits, mais dès le premier jour une distribution gratuite d’eau potable, par les services de secours, était organisée. Tout cela est très rapide si on le compare à ce qui c’est passé aux États-Unis après l’ouragan Katrina en Nouvelle Orléans, ou à Puerto Rico où le rétablissement de l’électricité à nécessité des mois.

Cuba dispose d’une défense civile très performante, et est très prévoyant pour les budgets où des postes sont prévus pour des catastrophes, même si ceci ne suffira pas pour la totalité des réparations.

Les commémorations du 500e anniversaire de la fondation de La Havane ne sont pas menacées.

La solidarité internationale est intervenue aussi. La Bolivie a envoyé 1.000 matelas et du matériel pour les toits, et le Venezuela a envoyé du matériel lourd pour creuser et reconstruire, ainsi que des camions, du matériel électrique, etc..

Pour les gens qui ne peuvent pas payer immédiatement les frais de réparation de leur maison l’état accorde des prêts bons marchés, sur un long terme, ce qui les rend supportables. Pour l’achat des matériaux de construction des baisses de prix de 50% sont prévues. Pour ceux qui n’ont pas de moyens, même pour un prêt, l’état prendra les frais en charge. Des brigades de construction de l’état donnent un coup de main. Ainsi chacun pourra retrouver une maison. ZM

DES TÉMOIGNAGES:

Anne-Marie Helonde Santo Suarez

Le dimanche 27 janvier un bruit assourdissant nous a surpris. Nous pensions d’abord à un camion, ou même un avion. Suivit comme un coup de canon, et le courant fut coupé. Il s’agissait d’une tornade. Ce n’est que le lendemain que la réalité des dégâts est apparue. Un bilan de trois morts et 180 blessés, dont trois succomberaient plus tard.

Ici, à Santo Suarez, nous en étions quitte pour la peur, mais à 150 mètres d’ici le ravage est énorme. Des câbles électrique et téléphoniques arrachés, des toits en zinc envolés à des kilomètres, des réservoirs d’eau entraînés, des arbres déracinés qui ont abîmé des maisons, des voitures détruites.

L’horreur!! Et la situation semblait encore pire dans des quartiers comme Luyano et Regla. Jeudi nous avons, péniblement, réussi de nous rendre à Regla. On avait l’impression que des bombardements avaient eu lieu. Des maisons entièrement détruites, des écoles effondrées, un hôpital avait été évacué. Beaucoup de gens ont tout perdu. Les familles et les centres d’accueil se chargent du logement. Les services de secours étaient immédiatement sur place et les dégâts étaient évalués individuellement.

Jour et nuit des camions circulaient pour dégager les rues. Des brigades d’autres provinces apportaient des secours et de l’aide. Le chaos était grand, mais les les gens ont immédiatement reçu de l’eau potable et des vivres. Après une semaine tout le monde dispose à nouveau d’électricité, d’eau potable et du téléphone. Mais la reconstruction prendra des mois, toute aide est la bienvenue ici.

Regi Rotty

Le 27 janvier nous nous promenions à La Havane lorsque, dans une boutique, le personnel nous annonça qu’il devait rentrer à la maison dès 16 h., pour ne pas être surpris par la tempête annoncée. Une grosse tempête, comme il y en a régulièrement. Mais on ne parlait pas de tornade. Mon épouse et moi avons continué notre promenade, et vers 20 h. nous sommes encore allés boire un verre, tout en surveillant le ciel menaçant, mais toujours sans pluie.

Puis une légère pluie a commencé et nous sommes retournés à la casa particular où nous louions un appartement au cinquième étage d’une bâtisse des années cinquante, dans la vieille Havane. Toujours rien de spécial, et vers 22 h. nous allons nous coucher. Olga prenait une douche et j’étais déjà au lit quand c’est arrivé. Avec un bruit sec la porte est ouverte violemment, un coup de vent traverse la chambre, et la fenêtre est ouverte brutalement. Dans le living, les vitres ont cédé sous la pression du vent. Je n’avais pas l’impression que quelque chose de menaçant se présentait. Je me suis levé et j’allais filmer les rideaux soufflés horizontalement par la fenêtre. Une forte pluie martelait l’asphalte dans les rues.

Maintenant tout le monde était alarmé, et on faisait des tentatives pour comater la fenêtre du living, avec du carton et de l’adhésif, sous la lumière des GSM, car l’électricité manquait. Cela me faisait un peu rire, cette agitation dans l’obscurité, et le carton qui ne servait à rien. Une belle flaque se formait sur le sol, car l’eau rentrait par la fenêtre et par l’air conditionné dans le mur. Nettoyer était vain. Je savais que les propriétaires aimeraient échanger leur appartement contre une maison avec une piscine, et je faisais des blagues, disant qu’ils avaient enfin leur piscine, et même au cinquième étage, quel luxe! En règle générale les Cubains ont un grand sens de l’humour, et tout le monde rigolait.

Presque toute la nuit le vent a continué à hurler, et la pluie à frapper. Olga ne savait pas dormir. En se levant pour aller aux toilettes elle avait oublié que le sol était trempé, et à moitié endormie les pieds dans l’eau froide ça surprend.

Vers 5 heures du matin le courant était rétabli. Et après quelques heures de sommeil la situation dans l’appartement s’améliorait. Le verre était ramassé et l’eau épongée. Nous ne savions pas qu’à 8 km. de là une catastrophe avait frappé durement. En regardant la télévision nous avons vu que ce que nous avions vécu n’était rien comparé aux morts, aux blessés et aux maisons dévastées dans d’autres quartiers de La Havane.

                                                                                                    

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